Dag Rotterdam!

Je vous l’accorde, Rotterdam, c’est pas forcément la première destination à laquelle on pense pour un week-end…

Bye bye Loukoum - Centraal Station - Rotterdam
Centraal Station et les tours Delftse Poort

Et pourtant, c’est une ville parfaite pour s’aérer quelques jours, à moins de trois heures de train de Paris. Une ville jeune et photogénique où les vélos sont rois et l’architecture folle. C’est aussi le plus grand port d’Europe que l’on peut visiter et où on aura peut-être même la chance de voir le (dé)chargement d’un porte-conteneur. Les amateurs d’art ne seront pas en reste avec ses nombreux musées et galeries. On y trouve par ailleurs des friches industrielles et des entrepôts transformés en lieux culturels, en bars et restos où l’on mange plutôt bien.

On commence la découverte de la ville par la « Centraal Station », la gare principale de Rotterdam. À peine descendus du quai, on accède à une gare transparente, haute et aérée, et la surprise ne s’arrête pas là : il faut en sortir pour en admirer toute sa splendeur. Nous avons de la chance,  il fait beau et la gare n’en est que plus impressionnante avec sa toiture en acier brillant, elle fait face à une grande place et est entourée de buildings dans lesquels se reflète le bleu du ciel. Son architecture futuriste nous donne un avant-goût de ce qui nous attend pendant ce long week-end de 4 jours.

Bye bye Loukoum - Luchtingel - Rotterdam
Luchtingel

Pas très loin de la gare, on visite Luchtingel. C’est une sorte de promenade plantée ou « high line » hollandaise, née d’un projet participatif lancé pour réhabiliter un quartier laissé à l’abandon.  D’ailleurs, on peut acquérir l’une des planches en bois du pont pour y faire inscrire son nom ou un message. Le pont fait le lien entre le centre et le nord de Rotterdam.  On est finalement déçus par la décrépitude du pont qui est pourtant récent mais semble vieillir mal et vite.

Au bout du pont, notre ballade nous mène ensuite dans un bar en plein air, le Rotterdam Biergarten. La plupart du mobilier est en matériaux de récup’. Les palettes de bois et les conteneurs qui abritent le bar rappellent que Rotterdam est bien une ville portuaire. C’est un endroit sympa où prendre un verre en début de soirée, on est arrivés tôt et on est jeudi, on n’a donc pas eu à jouer des coudes pour trouver une place, mais le week-end, ça doit être vite pris d’assaut, surtout lors des soirs avec DJ set.

Bye bye Loukoum - Euromast - Rotterdam
Vue d’en bas de l’Euromast

Ensuite, direction l’Euromast, où on a d’ailleurs 25 % de réduction avec la RotterdamWelcomeCard. Si Paris a sa tour Eiffel et Berlin sa Fernsehturm, Rotterdam a son Euromast. Du haut de la tour, on a une vue incroyable sur toute la ville et même au-delà par temps clair. La dernière plateforme tourne sur elle-même et offre une vue à 360°. Les plus courageux pourront descendre la tour en rappel ou en tyrolienne et les plus fortunés pourront même y passer la nuit (à presque 400 € la nuit, nous, on a passé notre tour).

La journée se termine dans le Witte de Withkwartier et plus exactement dans la Witte de Withstraat, une rue très animée bordée de bars, de cafés, de restaurants et de galeries d’art. Les terrasses débordent et on a l’impression d’avoir trouvé le cœur de Rotterdam, ça grouille de monde.

Et là, bim ! La découverte, le TER MARSCH&Co, un restaurant de burgers, et pas n’importe lequel.  À priori un des meilleurs puisque plusieurs de ses burgers ont remporté des prix. C’est une découverte gustative, les burgers sont bons, voire très bons, la viande fond dans la bouche, et c’est normal parce qu’on a droit à du bœuf japonais, du Wagyu et de l’écossais, de l’Angus. Les frites sont accompagnées de sauce mayonnaise déclinée en trois saveurs, aussi bonnes les unes que les autres : à la truffe, au thym-citron et à l’ail rôti. Rien que d’en parler, on en salive. C’est tellement bon qu’on y retournera le dernier jour.

Rotterdam à vélo

Pour notre seconde journée à Rotterdam, on trouve qu’il serait dommage de ne pas faire de vélo au pays où il est roi. Il y a des pistes cyclables ainsi que des parkings à vélo absolument partout, tout est fait pour faciliter la vie aux cyclistes. On décide donc de s’inscrire pour une visite guidée à vélo sur le thème de l’architecture. On réserve notre tour via UrbanGuides : on a de la chance, on ne sera que tous les deux pour la visite. Les débuts à vélo sont un peu compliqués pour moi : les vélos hollandais sont très hauts et moi très petite, et pour freiner, il faut rétro-pédaler…  Après être rentrée dans quelques vélos au feu rouge, je m’adapte finalement assez vite. Le tour dure environ 2 h 30 et nous permet de mieux appréhender l’histoire et donc l’architecture de cette ville. Si elle est si moderne, c’est parce qu’elle a été quasiment rasée pendant la seconde guerre mondiale et que les bâtiments ayant échappé aux bombardements de 1940 sont très rares, c’est pourquoi l’hôtel de ville est un des seuls bâtiments anciens du centre ville avec la maison blanche (Het Witte Huis), la première tour d’habitation construite en Europe.

De cette visite, on retiendra les tours Delftse Poort, qu’on ne peut d’ailleurs pas rater en sortant de la gare, le Markthal avec sa forme de fer à cheval qui se trouve à quelques mètres des Kijk-Kubus, les fameuses maisons cubes jaunes de Rotterdam, qu’on viendra visiter le lendemain. On retiendra également ses ponts impressionnants que l’on aura traversé à vélo : le pont Érasme (Erasmusbrug), tout de gris vêtu et surnommé le Cygne, ainsi que le pont Guillaume (Willemsbrug), qui de par sa couleur nous a (un petit peu) rappelé le pont de San Francisco. Finalement, on comprend bien pourquoi Rotterdam est parfois surnommée la « Manhattan de la Meuse » : sa skyline n’a rien à envier à d’autres grandes villes !

Bye bye Loukoum - Fenix Food Factory - Rotterdam

On déjeune à la Fenix Food Factory, un food court créé par des entrepreneurs locaux dans un ancien entrepôt près du port.

Le concept : des stands de nourriture et boissons à consommer sur place ou à emporter. On a le choix entre s’installer à l’intérieur de l’entrepôt aménagé de meubles dépareillés et de bric et de broc ou à l’extérieur au bord du quai sur des palettes reconverties en bancs et tables.

Bye bye Loukoum - Meneer Tanger - Fenix Food Factory- Rotterdam
Les délicieux tapas de chez Meneer Tanger

On profite du soleil pour s’installer dehors avec nos trouvailles : on craque pour les « tapas » de chez Meneer Tanger  et on fait bien car c’est super bon, plein de saveurs et c’est joliment présenté dans des petites coupelles colorées qui s’emboîtent dans des plateaux en bois. M. Tanger nous transporte des Pays-Bas au Maroc en une bouchée, et pour accompagner ces « tapas », on teste les bières de la brasserie locale Kaapse Brouwers.

Dans le port de Rotterdam…

Une fois bien rassasiés, on décide d’aller jeter un œil au SS Rotterdam, cet immense paquebot transformé maintenant en musée et en hôtel flottant.

Bye bye Loukoum - Port - Rotterdam
Porte-conteneurs dans le port

C’est plutôt impressionnant, mais on décide finalement de monter à bord d’un  bateau qui l’est moins mais qui est toujours en activité pour découvrir le port de Rotterdam.

On fait une ballade commentée d’un peu plus d’une heure sur la Meuse à bord d’un Spido. On quitte petit à petit le centre de la ville et son architecture folle pour découvrir les milliers de conteneurs du plus grand port d’Europe. On a de la chance car le port est en effervescence et on assiste à des chargements et déchargements de porte-conteneurs. Les grues s’agitent et c’est un ballet qui semble s’orchestrer comme par magie pour stocker ces boites colorées les unes à côté des autres.

On terminera la journée dans le quartier de Delfshaven et son vieux port. C’est assez étonnant car on se retrouve finalement dans la Hollande fantasmée : celle des vieilles bâtisses le long des canaux, des maisons typiques, hautes et très étroites avec de grandes fenêtres et ce fameux crochet, si caractéristique, qui permettait de hisser les meubles et les marchandises ; celle des moulins, ce sera d’ailleurs le seul que l’on verra de notre séjour. On découvre finalement ce qu’aurait été Rotterdam sans les bombardements.

Nous terminons notre journée à l’Aloha, une sorte d’Aquaboulevard hollandais désaffecté et transformé en restaurant et bar. L’endroit est vraiment atypique, on distingue encore quelques toboggans et on n’est pas étonné de se retrouvez nez à nez avec une sculpture de phoque. La piscine extérieure a été transformée en grande terrasse avec vue sur la Meuse et la skyline de Rotterdam, l’endroit parfait pour prendre un verre au coucher du soleil. Par contre, on ne recommande pas d’y dîner, les prix sont assez élevés pour la quantité et nous avons été déçus par la planche spéciale Aloha.

Bye bye Loukoum - PickNick - Brunch - Rotterdam
Miam les brunch chez Picknick

Un samedi arty

Samedi, on part bruncher chez Picknick, c’est d’ailleurs le même propriétaire qu’Aloha, mais cette fois-ci nous n’en sortirons pas déçus, bien au contraire. La déco est assez sobre mais l’accueil chaleureux.

On opte pour le petit déjeuner des champions et la planche petit-déjeuner :  c’est joliment présenté sur des planches en bois, c’est bon, c’est sain et le scone a un goût de revenez-y. Alors si l’on retourne un jour à Rotterdam, c’est sûr qu’on y reviendra pour tester la terrasse et pour le prix tout doux aussi.

Le ventre bien rempli, direction le parc des musées (MuseumPark), on file à la grande rétrospective de Fernando Botero, cet artiste colombien qui nous fait voir la vie en rond. C’est le Kunsthal de Rotterdam qui présente l’exposition « Fernando Botero : celebrate life! » et c’est une jolie découverte : c’est décalé, satirique, coloré et tout en rondeur. On déambule entre les œuvres, on passe des peintures aux dessins, des pastels aux sculptures.

Bye bye Loukoum - Botero - Kunsthal Rotterdam
Femme assise, 2011, Fernando Botero

On traverse le centre de la ville pour continuer notre vendredi arty et découvrir les différentes sculptures, car il y en a un certain nombre éparpillé dans la ville, de sculpteurs inconnus aux plus célèbres comme Picasso ou Rodin. C’est finalement Paul Mc Carthy qui retiendra notre attention. Vous savez, l’artiste qui a exposé sa sculpture gonflable intitulée Tree sur  la place Vendôme à Paris pour la Foire Internationale d’Art Contemporain en 2014, mais que certains ont jugé offensante et ont vandalisée car elle ressemblait plus à un plug anal qu’à un sapin de Noël. Et bien, nos amis hollandais, eux, sont beaucoup plus ouverts et ont accueilli Santa Claus (après un scandale et plusieurs déplacements dans la ville tout de même) : un joyeux père Noël aux allures de gnome tenant un plug dans la main. Allez donc le voir sur la place Eendrachtsplein !

Bye bye Loukoum - Kijk-Kubus - Rotterdam
Habitante entrant dans sa maison cube

Direction ensuite les Kijk- Kubus, les fameuses maisons-cubes jaunes de Rotterdam, un des emblèmes de la ville. Elles ont été imaginées par l’architecte Piet Blom pour représenter une forêt : chacun des 38 cubes inclinés représente un arbre et l’ensemble une forêt. Les maisons sont toutes habitées, sauf une, que l’on peut visiter et il est même possible de passer la nuit dans l’une d’entre elles. On se demande bien comment les locataires font pour meubler leur intérieur. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne peut pas passer par Rotterdam sans visiter ce quartier.

On file ensuite juste en face, au grand marché couvert de Rotterdam en forme de fer à cheval. À l’intérieur, ses façades et son plafond sont recouverts d’une des plus grandes œuvres d’art au monde : une fresque monumentale qui représente des plantes, des fruits et des légumes conçue par Arno Coenen et Iris Roskam en partenariat avec Pixar. En effet, même si l’on a l’impression que les motifs sont peints, il s’agit en fait de photographies et d’images de synthèses retravaillées avec des effets spéciaux. On en profite pour goûter aux spécialités proposées par les stands du Markthal. Le stand de Gouda retient notre attention, tout comme celui de sauces sambal. Vous allez me dire, pas très hollandaise cette sauce, et bien figurez-vous que c’est indonésien et qu’il s’agit d’un héritage de la colonisation de l’Indonésie par les Pays-bas. C’est une sauce très épicée et plus ou moins relevée, alors avant de goûter, regardez bien le nombre de piments dessinés sur les étiquettes parce qu’à partir de trois, vous aurez le palais en feu…

On termine la journée en dînant en terrasse chez Bokaal, qui se trouve sur la place Nieuwemarkt. On y trouve un large choix de bières et notamment celles brassées à Rotterdam comme la Kaapse ou la Brouwerij Noordt. Pour manger, on choisi une planche de fromage, c’est vraiment bon mais petit bémol, il n’y aura qu’un seul fromage hollandais.

Dernier jour

On dépose nos sacs dans les consignes de la gare et on file profiter de nos derniers moments à Rotterdam. On va visiter le musée Boijmans Van Beuningen, en tout cas sa partie accessible gratuitement, qui est finalement assez grande. On recommande l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama : une installation faite de miroirs et de pois. On s’installe ensuite sur un grand filet de cordes suspendu et on s’y allonge avec nos cheveux tombants dans le vide, du moins les miens car ceux de Pascal sont trop courts, pour faire honneur à cette installation permanente qui s’intitule « Let your hair down » et visionner des vidéos projetées sur le plafond. Petit conseil, n’ôtez pas vos chaussures pour aller sur le filet, il est très douloureux de marcher sur des cordes raides pieds nus…

Devinez où on va prendre notre dernier repas à Rotterdam ? Chez TER MARSCH&Co ! C’était tellement bon qu’on n’a pas pu résister, on y est retournés. Et puis, ça y est, c’est fini, il est temps de rentrer et d’aller retrouver Loukoum.

Bye bye Rotterdam !

2 Replies to “Dag Rotterdam!”

  1. Nous avons été voir le Luchtingel, lors de notre passage à Rotterdam, et c’est bien dommage qu’il soit détérioré. Les graffitis gâchent les photos et cette oeuvre

    1. Oh zut, ça ne s’est pas arrangé alors :/

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